Vitamine A

Historique

C’est au début de ce siècle que l’on découvre l’importance d’un pigment jaunâtre, présent dans de nombreux aliments comme les graisses, fruits et autres légumes. On établit rapidement le rôle essentiel joué par ce composé, le carotène, sur la santé des êtres vivants. Les autres composés, issus de la famille des caroténoïdes, présentent des activités plus faibles.
Les traitements à base d’huile de foie de poisson induisent également des effets nutritionnels bénéfiques car elles contiennent un dérivé hydroxylé du carotène auquel on donnera plus tard le nom de vitamine A. Il faudra encore de nombreuses recherches pour démontrer le mécanisme de conversion du carotène en vitamine A. Cette conversion peut se produire «in vivo» dans de nombreuses espèces animales, y compris le cheval.

Rôle de la vitamine A

La vitamine A intervient dans un grand nombre de processus biologiques essentiels et tous n’ont certes pas encore été élucidés. On associe généralement cette vitamine à la fonction visuelle et, par voie de conséquence, à ses problèmes comme la perte d’acuité visuelle notamment en période nocturne.
Le pigment de la vision, la rhodopsine, qui assure la perception des rayons lumineux, contient également de la vitamine A. Cette dernière intervient aussi dans la formation et la préservation des tissus épithéliaux (les couches superficielles de la peau) et des muqueuses membranaires en proie à la dégénérescence et à la sclérose au cas où une déficience en vitamine A s’installe. Celle-ci influence, à des degrés divers, les structures intra-cellulaires et notamment quelques enzymes du métabolisme. Une carence en vitamine A freine la division cellulaire et par là, la croissance et la reproduction. Son in- fluence se marque aussi sur la production des anticorps intervenant dans les mécanismes de résistance aux états maladifs.

Carence en vitamine A

Une carence en vitamine A affecte l’acuité visuelle et les dégats occulaires s’accompagnent souvent d’une production lacrymale excessive, souvent perçue comme un premier signe clinique. La peau et la cornée sèchent et durcissent (hyperkératinisation); la robe du cheval devient rugueuse et terne.
La croissance des jeunes chevaux (poulains) est ralentie et les capacités reproductrices des juments et étalons s’étiolent voire disparaissent. La résistance aux maladies décroît. En cas de déficience sévère et persistante en vitamine A, on observe un état de faiblesse généralisé suivi de convulsions, puis de coma et parfois même de la mort de l’animal.
Des études récentes démontrent que le b-carotène n’est pas seulement un précurseur de la vitamine A. Les résultats des études menées un peu partout dans le monde confirment les effets bénéfiques observés après un traitement au b-carotène et notamment pour les juments placées en écurie. On enregistre une amélioration sensible de la fonction ovarienne, une intensification des périodes de chaleur, un accroissement des vitesses de conception et une réduction de la mortalité embryonnaire. Ces observations devront toutefois être confirmées après étude de nombreux autres facteurs interactifs.

Le surdosage en vitamine A

Les études de tolérance révèlent que le cheval peut supporter plus d’un million d’unités internationales (U.I.) de vitamine A par kilo de nourriture. En cas de surdosage massif, le cheval perd du poids et ce phénomène s’accompagne d’une décalcification osseuse, d’hémorragies internes et de pétéchies, d’un délabrement général de la peau et d’une augmentation du rythme cardiaque moyen. Ces divers symptômes se conjuguent à un très faible tonus musculaire et à un état depressif général.
L’hypervitaminose chronique en A interfère directement sur l’absorption et la biodisponibilité des autres complexes vitaminés liposolubles.

Les unités en vitamine A
Les taux de vitamine A s’expriment en unités internationales (U.I.). On distingue différentes valeurs d’activité suivant la nature du complexe administré:
1 U.I. = 0,300 mg du dérivé hydroxylé de
vitamine A (rétinol)
= 0,344 mg d’acétate de vitamine A
(rétinyl acétate)
= 0,550 mg du palmitate de vitamine A
(rétinyl palmitate)
On peut également exprimer l’activité vitaminique correspondant à l’administration d’un mg de composé.
1 mg de rétinol =
3.333 U.I. de vitamine A
1 mg d’acétate de rétinyl =
2.907 U.I. de vitamine A
1 mg de palmitate de rétinyl =
1.818 U.I. de vitamine A

Equivalence en b-carotène

Le rendement de conversion du b-carotène en vitamine A varie selon les circonstances. La structure chimique du b-carotène ressemble à une double molécule de vitamine A. On pourrait penser que la conversion du b-carotène devrait être complète sur le plan théorique (1 mg de carotène devrait donner 1 mg de vitamine A). Dans la réalité, on est loin du compte car la molécule de b-carotène ne se scinde pas en son milieu. Elle se dégrade progressivement, par éliminations successives et systématiques des maillons hydrocarbonés, au départ d’une extrêmité de la chaîne.
Le rendement maximum de 50% (0,5 mg de vitamine A; ce qui correspond à 1.667 U.I.) n’est observé que chez le rat.
Chez le cheval, le rendement de conversion est plus faible encore, surtout lorsque le foie contient de grandes quantités en vitamine A ou que le flux sanguin est déjà saturé en vitamine A préformée. Bien que les données comparatives soient difficiles à extrapoler d’un cas à l’autre, on peut considérer, en première approximation, qu’un mg de carotène, chez le cheval, produit environ 400 U.I. de vitamine A.

Besoins et doses optimales

Le niveau de vitamine A requis pour maintenir un résultat optimum en matière de performances sportives est nettement plus élevé que celui associé à la prévention des déficiences visuelles. Il existe de nombreuses données techniques précisant les quantités en vitamine A à fournir aux chevaux, en fonction de leur taille et de leur âge. Divers recoupements permettent de recommander les valeurs optimales suivantes:

    U.I./kg   U.I./jour
Chevaux de haute performance en plein entraînement 60000
6000
Chevaux de haute performance subissant un travail léger 50000
Poneys, chevaux de selle 18000
Poulinières et étalons 8000 40000
Jeunes chevaux 1-2 ans 36000
Foals et yearlings de moins d'un an 6000 12000-36000
10000
10000
12000

Stabilité du caritène et de la vitamine A

Les longues chaînes hydrocarbonées, polyinsaturées, du carotène et de la vitamine A peuvent s'oxyder aisément pour former des composés inactifs sur le plan vitaminique. La chaleur et l'humidité accélèrent la vitesse de ces réactions d'oxydation, également catalysées par la présence de traces d'éléments métalliques comme le cuivre.
Le pressage et la granulation d'aliments simples ou composés concourent à dégrader le carotène ou la vitamine A, non protégé. Dans la composition des produits commerciaux, on protège la vitamine A par un enrobage de gélatine. Malgré cette précaution, dans des prémélanges contenant des vitamines, des oligoéléments et du chlorhydrate de choline, on enregistre encore des pertes importantes en vitamine A; ces pertes peuvent atteindre plus de 50% en vitamine A et ce, sur une période de 2 à 3 semaines.
La perte courante observée dans la confection de tels mélanges commerciaux est de 10% par mois; on peut réduire l'importance de ce phénomène en abaissant les teneurs en sels minéraux.
Les pertes enregistrées lors du mélange et de la granulation peuvent atteindre 6 à 8%; le stockage est responsable d'une dégradation allant de 4 à 10% par mois selon le type de conditionnement et les paramètres de température et d'humidité. La présence d'eau dans le mélangeur industriel s'avère particulièrement agressive et provoque une dégradation très rapide de la vitamine A. A ce titre conservatoire, pour compenser ces pertes, on surdose généralement d'environ 30% les composés vitaminés commerciaux.

Observation du cheptel

Considérant l'action spécifique de la vitamine A sur les mécanismes intervenant dans la fonction visuelle et sur l'état des tissus épithéliaux, il est capital de surveiller tout événement et modification qui interviendraient sur les yeux, la peau, la robe ou les muqueuses membranaires et de reconsidérer les suppléments en vitamine A.
Une faible résistance aux maladies, une activité reproductrice réduite constituent d'autres signaux d'alarme reflétant une situation de carence en b-carotène ou en vitamine A.

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