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| Vitamine B6 |
Historique
Les recherches dermatologiques menées en 1926 sur les carences
nutritionnelles du rat ont clairement mis en évidence un problème
de manque de vitamine B6.
Les effets observés resteront confondus dans un premier temps
à ceux des autres complexes vitaminiques de la famille B. Les
expériences conduites à la fin des années trente, révèlent que
cette «nouvelle» vitamine joue un rôle essentiel tant pour les
microorganismes que pour les animaux supérieurs.
La substance pure, isolée en 1938, reçoit le nom dadermine car
à lépoque on ne connaissait que son action sur la peau. On abandonne
cette terminologie en 1944, quand, synthétisée pour la première
fois, cette biomolécule démontre une activité sur le système nerveux
central et produit des modifications au niveau sanguin.
Le produit synthétique est appelé pyridoxine car il dérive dun
alcool de la pyridine. Deux autres analogues de structure présentent
la même activité vitaminique de type B6: le pyridoxal et la pyridoxamine.
Ils ne diffèrent lun de lautre que par le groupement chimique
attaché au cycle pyridine. Seule, la pyridoxine se retrouve dans
les plantes alors que les produits animaux peuvent contenir à
la fois le pyridoxal et la pyridoxamine. Lactivité en vitamine
B6 des aliments résulte de laction des trois composés à base
de pyridine substituée.
Rôle de la vitamine B6
Après phosphorylation, le pyridoxal et la pyridoxamine sont incorporés
dans divers systèmes enzymatiques sous la forme de pyridoxal 5
phosphate (PALP). Ces enzymes interviennent dans un grand nombre
de processus métaboliques. En dépit dimportantes recherches,
on ne maîtrise pas encore les multiples fonctions de la vitamine
B6, au travers du PALP. On croit savoir quelle agit sur plus
de 50 enzymes différentes.
Le rôle de coenzyme joué par le PALP, pour une série denzymes
impliquées dans le métabolisme des acides aminés, fait lobjet
de nombreux travaux. Cela concerne les transaminases, les décarboxylases,
les désulphydrases et les déhydrogénases.
Les transaminases, par exemple, fonctionnent en transférant des
groupes aminés sous la forme de pyridoxamine; un des produits
de la réaction est lacide aspartique.
La vitamine B6, précurseur du PALP, représente un facteur essentiel
de la production dénérgie (en fournissant des métabolites du
cycle de Krebs), du métabolisme des graisses, de la synthèse et
de la dégradation des protéines, de lactivité du système nerveux
central et de la production dhémoglobine.
La vitamine B6 intervient dans la synthèse des globulines, porteuses
des anticorps nécessaires à la prévention des maladies. Lors des
compétitions, les chevaux utilisent des quantités considérables
dénérgie quils produisent en consommant les réserves en sucres
du sang, les sucres assimilés (glycogène) et les graisses. Comme
ces réactions métaboliques, productrices dénérgie, dépendant
de la vitamine B6, lapport de ce composé est primordial pour
maintenir le niveau des performances.
Les jeunes chevaux, en période de croissance, utilisent la vitamine
B6 pour métaboliser les protéines et se développer de manière
harmonieuse.
Carence en vitamine B6
La vitamine B6 intervient sur tant de fonctions métaboliques quune
déficience peut avoir des effets à tous les niveaux. Aucun cas
de carence en B6 na cependant été décelé chez le cheval. De légères
déficiences, observées dans certaines espèces plus sensibles,
font apparaître des symptomes aspécifiques ressemblant à ceux
qui ont été observés pour les autres vitamines de la famille B.
La perte dappétit survient en premier avec un faible rendement
nutritionnel, diarrhée et ralentissement de la croissance accompagné
de lassitude et de léthargie.
Les symptomes les plus sérieux liés à une carence en vitamine
B6 varient en fonction de lâge. Les lésions de la peau évoluent
vers des dermatites squameuses et des hyperkératoses. Elles sont
suivies dabcès et dulcères au fur et à mesure que les infections
secondaires envahissent les tissus.
La perte des cheveux (alopécie) se manifeste parallèlement aux
problèmes du système nerveux qui évoluera dune simple irritabilité
à des convulsions épileptiques. La formulation sanguine est modifiée
avec apparition fréquente détats anémiés hypochroniques. Il en
résulte une perte sensible de la résistance immunologique et de
défense face à la maladie.
Surdosage en vitamine B6
Tout excès de vitamine B6 hydrosoluble est directement éliminé.
Par contre, une dose largement excédentaire (supérieure à 4 g/kg
de poids corporel) provoque des convulsions chez le chien et le
rat.
Biosynthèse
Les microorganismes du caecum du cheval synthétisent la pyridoxine
mais sa résorption nest pas complète comme dans les cas des autres
vitamines B. On considère que lanimal ne bénéficie pas de cette
biosynthèse car le colon nest pas en mesure dabsorber les vitamines.
Les chevaux doivent trouver leur ration quotidienne de vitamine
B6 dans les aliments puisque cette biomolécule ne saccumule pas
et sexcrète dans les 48 heures qui suivent sa résorption.
Mesure de la vitamine B6
La mesure de lactivité enzymatique totale impose une technique
qui soit capable dévaluer chacune des trois formes chimiques
de la vitamine B6. Aucune méthode chimique nest à même de quantifier
les trois produits sans les convertir au préalable en un seul,
et encore, avec des rendements de conversion très faibles.
Une technologie biochimique axée sur la Neurospora Sitophila est
susceptible de mesurer les trois formes de vitamine B6. On lutilise
couramment pour évaluer les taux en vitamine B6 des produits animaux
et végétaux.
La plupart des aliments granulés contiennent essentiellement des
produits végétaux (avec la seule pyridoxine) additionnés de chlorhydrate
de pyridoxine.
Cela permet dévaluer laction de la seule pyridoxine en négligeant
les contributions mineures liées aux traces de pyridoxal et de
pyridoxamine apportées par les produits animaux.
La séparation chromatographique (de préférence en HPLC) suivie
dune mesure fluorimétrique donne des résultats reproductibles
quant au contenu en pyridoxine de la nourriture. Les données sexpriment
en unités pondérales de chlo- rhydrate de pyridoxine en raison
de labsence dunités internationales pour la vitamine B6. Les
rapports scientifiques de la fin des années 30 mentionnent à loccasion
des «unités rats» équivalentes à 7,5 mg de chlorhydrate de pyridoxine.
Ce dernier contient 82% de pyridoxine base.
Contrôle du niveau de vitamine B6
Le niveau de vitamine B6 chez lanimal ne sévalue pas sur base
de la quantité de pyridoxine retrouvée dans un organe ou circulant
dans le sang. Les composés de vitamine B6 se mesurent séparément
car leur dispersion corporelle est telle quon ne peut considérer
aucun site comme représentatif.
De même, aucune enzyme ne constitue un indicateur de niveau. Les
recherches ont abouti à proposer deux voies distinctes pour évaluer
le niveau de lactivité en vitamine B6.
La première concerne la mesure du taux dacide xanthurénique de
lurine. Ce composé napparaît quen situation de carence en vitamine
B6. Le second procédé se rapporte à la mesure de la rétention
azotée. Une rétention optimale nest atteinte quen présence dune
quantité adéquate de vitamine B6. La détermination de la balance
azotée permet de préciser indirectement le niveau de la vitamine.
Il faut souligner que laccroissement de la dose protéique alimentaire
va de pair avec une augmentation des besoins en vitamine B6.
Antagonistes
Plusieurs analogues de synthèse de la pyridoxine constituent des
antagonistes efficaces de la vitamine B6 mais ils nexistent pas
dans la nature. Divers produits médicinaux comme le diéthylstilbestrol
(DES) et la tyroxine semblent inhiber laction de la vitamine
B6. Quelques antibiotiques ont un effet similaire. Un dérivé de
lacide hydrazique, tiré de la graine de lin, et doué de propriétés
antibiotiques, se comporte comme un antagoniste. Il en va de même
pour les sulphonamides.
Relations avec dautres ingrédients
La vitamine B6 intervenant dans un nombre très élevé de schémas
métaboliques, on comprendra aisément quil existe de nombreuses
interactions avec dautres composés alimentaires. La relation
linéaire entre la dose protéique et la vitamine B6 a déjà été
évoquée. Le premier acide aminé clivé est le tryptophan avec comme
résultante la formation et lélimination de lacide xanthurénique.
Un métabolisme anarchique des graisses sétablit lors dune déficience
en vitamine B6 en raison de son implication directe sur la synthèse
du coenzyme A. Une rétention minérale (pour le calcium, le phosphore,
le sodium, le potassium et le zinc) dépend de la justesse du taux
de vitamine B6. La vitamine B6 exerce un effet synergique sur
dautres vitamines comme la thiamine, la niacine, la riboflavine,
la biotine, lacide ascorbique et la vitamine E. On ajoutera,
pour être complet, quune déficience en vitamine B6 affecte également
les modes daction de lacide pantothénique et de la vitamine
B12. On notera enfin que la formation du PALP est liée à une enzyme
oxidase contenant de la riboflavine de sorte que toute carence
en riboflavine provoque ipso facto une perte dactivité en vitamine
B6.
Besoins et doses optimales
Les besoins en vitamine B6 des chevaux dépendent de nombreux facteurs:
lâge, le niveau des performances, la prise de protéines et de
sulphonamides comme additifs alimentaires. Bien que tous les symptomes
liés à une carence naient pas été décrits, il semble que la quantité
de vitamine B6 présente dans les aliments traditionnels soit insuffisante
pour atteindre un niveau optimal et permanent sur le plan des
performances sportives. Les chevaux actifs ont besoin dune quantité
de pyridoxine supérieure à 2,5 mg/kg pour favoriser la croissance
et le niveau des performances. La courbe dose-réponse atteint
un plateau quand la nourriture contient 10 mg de pyridoxine par
kg. Loptimum se situe aux environs de 3 mg/kg de nourriture.
Cette valeur équivaut à une charge quotidienne de 30 mg pour un
cheval actif et performant. Dans les mêmes conditions, on prévoit
pour un animal adulte, au repos, une dose de 18 mg/jour. Les juments
et étalons recevront 12 mg/jour; les foals et yearlings de 3 à
10 mg/jour.
Stabilité
Les composants naturels de la vitamine B6 sont stables et relativement
résistants à lhumidité, à la chaleur et à loxygène. Ils sont
par contre très sensibles à la lumière et aux ph alcalins. Des
pertes mineures surviennent lors de la granulation et de lextrusion.
On prévoit généralement une surcharge de 10% pour compenser ces
pertes.
Observation du cheptel
Si la croissance et lappétit diminuent et que le cheval semble
apathique et nonchalent, on pourrait accroître la dose de pyridoxine
dans lespoir de rémédier aux problèmes. Si des modifications
de la peau et de la robe de lanimal apparaissent, surtout si
elles saccompagnent de diarrhées, il faudra à coup sur prévoir
une augmentation de la charge en vitamine B6.
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