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| Riboflavine-Vitamine B2 |
Historique
On connaissait la relation béribéri -- riz poli depuis la fin
du 19e siècle. La consommation de cet aliment améliorait lappétit,
favorisait la croissance, réduisait les lésions bucales chez lenfant
et prévenait même la polyneurite. On crut longtemps que ces améliorations
résultaient de laction de la thiamine, connue sous une dénomination
particulière de «facteur alimentaire hydrosoluble B, non identifié».
On découvrit plus tard que ce facteur hydrosoluble était en fait
constitué de deux ingrédients: un thermolabile et un thermostable.
Le facteur thermolabile fut appelé transitoirement vitamine F
(thiamine) et le thermostable vitamine G. Plus tard, ils furent
rebaptisés respectivement vitamine B1 et B2.
La riboflavine isolée de lalbumine de loeuf en 1933 est synthétisée
pour la première fois en 1934. La molécule comporte deux parties
distinctes: un sucre ribose et une flavine à 3 cycles connue sous
le nom de lumichrome.
Rôle de la riboflavine
La riboflavine intervient dans la régulation de différents systèmes
enzymatiques. Deux dérivés; la riboflavine 5 phosphate (flavine
mononucléotide FMN) et la riboflavine 5 adénosine diphosphate
(flavine adénine dénucléotide FAD) constituent les coenzymes qui,
en se liant aux apoenzymes spécifiques, forment les enzymes flavoprotéiniques.
La mission essentielle de ces flavoprotéines consiste à contrôler
la réaction non enzymatique doxydo-réduction entre les flavines
et les nucléotides pyridine. Les dérivés leuco des flavines libres
sont rapidement réoxydées par une grande variété dagents doxydation.
Au même moment, les flavoprotéines exercent, par voie enzymatique
une action déshydrogénante sur divers substrats comme les nucléotides
pyridine réduits, les aldéhydes et les purines.
Les enzymes flaviniques agissent également comme oxydases. Le
système à coenzyme flavinique intervient dans la régulation du
métabolisme cellulaire alors que dautres enzymes interviennent
plus spécifiquement sur le métabolisme des sucres et des acides
aminés. La riboflavine qui pourrait aussi agir sur le métabolisme
des graisses est absorbée sur des sites spécifiques de lintestin
grèle. Elle se lie à un transporteur protéique (la protéine de
liaison à la riboflavine RBP) qui la dirige vers le foie, les
capsules surrénales, lovaire et dautres sites où elle construit
les enzymes fonctionnelles. Lexcès de riboflavine est éliminé
du sang par les reins et ensuite lurine. La riboflavine nest
pas stockée dans le corps.
Carence en riboflavine
En raison de son action enzymatique, la riboflavine joue un rôle
essentiel dans la croissance et sur la santé en général. Un abaissement
des taux entraîne un ralentissement du développement et provoque
des manifestations aspécifiques comme les dermatites et certains
désordres nerveux. Une déficience en riboflavine na jamais été
formellement détectée chez le cheval mais les symptômes rapportés
pour dautres espèces font état dun pelage rugueux, de dermatite,
de conjonctivite de la cataracte, de surproduction lacrymale et
de photophobie.
La sévérité des atteintes varie selon lâge: les jeunes animaux
semblent davantage affectés que les adultes. Une carence en riboflavine
provoque également une réduction sensible des taux de protéines
sériques. Lapparition de ces symptômes nimplique pas uniquement
une réduction de lapport en vitamine B2. Labsence de la protéine
porteuse du complexe flavo-protéique peut également se traduire
par un défaut apparent de vitamine B2. De même, certains antagonistes
pourraient interférer sur le plan de labsorption et/ou du transport
et créer une situation de déficience au niveau des récepteurs.
Surdosage en riboflavine
Il nexiste aucun élément démontrant un effet toxique de la riboflavine,
à fortes concentrations. De grandes quantités ont été testées
sur le cheval et sur dautres espèces sans quaucun effet délétère
puisse être mis formellement en évidence.
Comme cette vitamine est hydrosoluble, tout excès est aussitôt
excrété par les reins et lurine.
Biosynthèse
Comme les autres vitamines B, la riboflavine est synthétisée dans
le caecum par des microorganismes. Le site de production est vraisemblablement
localisé en dessous du site dabsorption spécifique situé dans
lintestin grèle. On comprend mal comment le cheval pourrait tirer
profit de cette biosynthèse à moins quil ne broute dans ses fientes.
Unité de mesure de la vitamine B2
Les taux alimentaires et tissulaires de vitamine B2 sexpriment
en mg de riboflavine par kg. Il nexiste pas dunité internationale
pour ce composé. Quelques anciennes publications concernant le
rat font état dunité équivalente à 4 mg de riboflavine cristalline
alors que dautres se réfèrent à des unité Sherman-Bourquin de
20 mg de riboflavine.
La fraction lumichrome de la molécule de vitamine B2 émet une
fluorescence caractéristique vert-jaune. Sa mesure fluorimétrique
permet de quantifier la riboflavine dans les aliments et les tissus.
Contrôle du niveau de riboflavine
La concentration tissulaire de riboflavine est parfois utilisée
mais lindicateur le plus sensible concerne sa teneur au niveau
des erythrocytes (globules rouges) qui doit dépasser 20 mg/100
ml.
Antagonistes de la vitamine B2
Certaines mycotoxines (laflatoxine par exemple) peuvent réduire
lefficacité de lapport alimentaire en riboflavine.
Besoins et doses optimales
Une dose en riboflavine de 2 à 4 mg/kg de nourriture semble suffisante
pour les chevaux. Ces données résultent de travaux de recherches
menés dans des conditions optimales, très éloignées de la réalité.
Sur le terrain, à lécurie, les doses efficaces de riboflavine
doivent être sensiblement supérieures. Les compléments vitaminiques
repris au tableau suivant correspondent à une activité enzymatique
optimale.
Les aliments énergétiques ont un effet direct sur les besoins
en riboflavine. Les ingrédients utilisés dans ces rations alimentaires
très riches sont naturellement plus pauvres en riboflavine et
la prise quotidienne de cette vitamine sen trouve réduite dautant,
sauf sil y a compensation.
Pour cette raison, il semble que le niveau de riboflavine doive
être accru dans les mêmes proportions que celles du niveau énergétique
des aliments.
On sait que de petites quantités de mycotoxines interfèrent sur
le métabolisme de la riboflavine. Comme la détection de ces toxines
est souvent délicate, il est recommandé dadopter une position
conservatrice et de prévoir un excès de riboflavine.
Les légumes contiennent moins de riboflavine que les ingrédients
dorigine animale. Les céréales, les déchets de meunerie, les
repas à base de tapioca constituent des sources très pauvres en
vitamine B2. Quelques arachides, de même que les levures et autres
produits de distillerie et de brasserie présentent des taux plus
élevés. Le foie et les produits laitiers sont dexcellentes sources
dapprovisionnement en riboflavine.
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mg/kg |
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mg/jour |
| Chevaux de haute performance en plein entraînement |
|
3
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30 |
| Chevaux de haute performance subissant un travail léger |
|
2,5 |
|
15 |
| Poneys, chevaux de selle |
|
3 |
|
9 |
| Poulinières et étalons |
|
3 |
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12 |
| Jeunes chevaux 1-2 ans |
|
3 |
|
9 |
| Foals et yearlings de moins d'un an |
|
4 |
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4-10 |
Facteurs modifiant la biodisponibilité de la vitamine E
1) LES GRAISSES
Comme un des rôles majeurs de la vitamine E consiste à éviter
les phénomènes doxydations lipidiques, il existe une corrélation
étroite entre la quantité de vitamine E et le contenu lipidique
des ali- ments, en particulier sur le plan des acides gras polyinsaturés.
Si lalimentation contient de grandes quantités de graisses, on
recommande un accroissement de la teneur en vitamine E de 30 mg/kg
de nourriture pour chaque% dacides gras insaturés (PUFA) présents
dans la graisse.
Les huiles de soja et de maïs contiennent environ 60% de ces acides
gras insaturés (PUFA) alors que les graisses mélangées nen contiennent
guère plus de 20%.
A titre dexemple, laddition de 4% dhuile de maïs, contenant
60% dacides gras insaturés, se traduit par un supplément net
de 2,4% en acides. Un supplément de vitamine E de 72 mg/kg de
nourriture (2,4 x 30 mg/kg) savèrera alors nécessaire.
Tablant sur un apport normal en vitamines de 200 mg/kg, cet excès
de 4% dhuile de maïs requiert finalement 272 mg de vitamine E/kg
daliment.
2) LEXERCICE ET LE STRESS
Lanimal stressé par son travail mobilise plus de vitamine E que
les autres. Le pur-sang dans sa préparation à la course, les chevaux
dendurance, les «éventers» et autres chevaux à la recherche de
performances sont soumis à des stress permanents. Leurs besoins
plus élevés en vitamine E, par rapport aux autres espèces animales,
se justifient indépendamment de leur poids et de leur taille.
Le transport, la maladie, les mauvaises conditions dhébergement
ou de pâturage, de même que les bruits inhabituels contribuent
à un besoin plus élevé en vitamine E.
3) SELENIUM
En cas dapport limité de sélénium, on peut compenser par des
doses plus élevées en vitamine E.
4) ALIMENTATION PAUVRE
Ladministration dingrédients alimentaires contenant des agents
peroxydants des graisses nécessite un apport complémentaire substantiel
de vitamine E. Le grain conservé à lhumidité perd sa vitamine
E naturelle, il faut que cette perte soit compensée. La présence
de mycotoxines dans la nourriture nécessite des apports complémentaires
en vitamine E pour assurer la fonction métabolique.
Stabilité de la vitamine E
Les tocophérols sont dexcellents antioxydants. Toute alimentation
qui contiendrait de loxygène actif (peroxydes) provoque une réduction
sensible de la teneur en tocophérols. La forme synthétique administrée
est lacétate da tocophéryl qui nest pas en elle-même un antioxydant
mais qui résiste davantage à lhumidité, à la chaleur et à loxygène.
Ce composé est bio- transformé en tocophérol actif durant la phase
de digestion et dabsorption au niveau intestinal. Toutes les
formes en vitamine E se détruisent lorsquelles entrent en contact
avec des agents alcalins.
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