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| Thiamine-Vitamine B1 |
Historique
Au début du siècle, les chercheurs, engagés sur la problématique
de lhémorragie sanguine, isolent lélément essentiel du mécanisme
de la coagulation du sang: la prothrombine.
En 1929, Henrik Dam met en évidence un élément anti-hémorragique
présent dans lalimentation qui agirait sur le contrôle du taux
de prothrombine. Il existe une corrélation directe entre la fréquence
dapparition des hémorragies et le défaut du facteur nutritionnel
incriminé (vitamine K), responsable de la réduction du taux de
prothrombine plasmatique. En 1939, on isole, pour la première
fois, une forme purifiée de cette vitamine au départ de végétaux.
Sa caractérisation chimique conduit à la phylloquinone; un dérivé
de la famille des naphtoquinones.
Les études ultérieures confirment le rôle majeur joué par dautres
dérivés naphtoquinoniques dans lactivité vitamine K, en particulier
les composés associés à la méthylnaphtoquinone (ou ménadione).
On attribue le terme de vitamine K1 à la forme naturelle de la
vitamine, la phylloquinone; les composés dérivés de la ménadione
sont catalogués vitamines K3. Peu après la découverte de laction
biologique de la ménadione, on constate que celle-ci nest rien
dautre quune provitamine, alkylée «in vivo», pour former une
phénylménaquinone. On avait déjà isolé plusieurs analogues de
cette famille de composés au départ de plantes en voie de putréfaction
et sur des produits animaliers. Ils constituent la branche des
vitamines K2.
Rôle de la vitamine K
La coagulation du sang se réalise en trois étapes. Il y a dabord
réaction avec les plaquettes sanguines pour former le bouchon
plaquétaire. La réaction de relarguage plaquétaire libère les
substances responsables du rétrécissement des vaisseaux sanguins
et du déclenchement du processus de coagula- tion. La formation
dun caillot de fibrine, par conversion du fibrinogène soluble,
clôture le processus. La prothrombine du sang est activée dans
les tissus abîmés et blessés pour former la thrombine, responsable
de la conversion du fibrinogène en fibrine.
Il existe quelque treize facteurs complémentaires favorisant le
processus. La synthèse de la prothrombine et les facteurs codés
VII, IX et X dépendent de laction de la vitamine K. Il existe
une composante spécifique à chacune de ces quatre protéines; elles
contiennent une fonction g carboxyglutamique qui joue un rôle
essentiel dans la fixation des ions calcium. Jusquici, on nattribue
aucune autre fonction spécifique à la vitamine K.
Carence en vitamine K
Au cas où la synthèse hépatique de la prothrombine savèrerait
insuffisante, de même que celle des trois autres facteurs de la
coagulation, la coagulation ne pourrait plus se produire correctement.
La moindre blessure ne cicatriserait plus et lécoulement sanguin
continu provoquerait à court terme la mort de lanimal. Les parois
des vaisseaux sanguins subiraient des hémorragies spontanées.
A lopposé des autres vitamines liposolubles, on ne trouve la
vitamine K quen faibles quantités au niveau hépatique et tissulaire.
La dose nécessaire à lanimal ne peut provenir que dapports journaliers
alimentaires.
Surdosage en vitamine K
Des injections de vitamines K3 dépassant 2 mg par kg de poids
corporel provoquent des atteintes rénales chez le cheval de compétition.
Ces doses élevées ont été testées dans le but de contrôler et
maîtriser les cas dhémorragies pulmonaires résultant dun exercice
ou dun travail intensif. La vitamine K3, administrée sous forme
de complément alimentaire, peut induire des effets similaires
dès que lon dépasse 1 g/kg de nourriture.
Les principaux signes cliniques associés à une intoxication chez
le cheval sont: les coliques néphritiques, le sang dans lurine
ou les perturbations électrolytiques.
Biosynthèse
De nombreux organismes unicellulaires semblent en mesure de synthétiser
la vitamine K, habituellement la K1 ou la K2. Alors que la synthèse
au niveau du caecum accroît la quantité de vitamine K disponible
pour labsorption intestinale, un doute subsiste quant à lexistence
dun processus similaire chez le cheval.
Unités de mesure de la vitamine K
La seule mesure de lactivité biologique de la vitamine K provient
de la réponse à la production de prothrombine. On utilise des
poussins pour la réalisation de cette mesure difficile. La plupart
des travaux scientifiques démontrent que les activités vitaminiques
K de la ménadione et de la phylloquinone sont comparables, du
moins si lon exprime les données en moléculegramme.
Le tableau suivant révèle que 0,73 g de MSB ou 0,84 g de MPB équivalent
à une activité vita- minique K identique à 1 g de vitamine K1.
VITAMINE K
| Composés |
|
Poids de la moléculegramme |
|
Equivalence (phylloquinone=1) |
| Phylloquinone |
|
451
|
|
1,00 |
| Menadione |
|
172 |
|
0,38 |
| Menadione sodium bisulfite (MSB) |
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330 |
|
0,73 |
| Menadione sodium bisulfite complexe (MSBC) |
|
538 |
|
1,19 |
| Menadione diméthyl pyrimidinol bisulfite (MPB) |
|
379 |
|
0,84 |
Contrôle des taux en vitamine K
Il nest guère possible détablir le niveau de la vitamine K du
cheval sur base des analyses respectives des vitamines K1, K2
ou K3 dans le sang ou le tissu hépatique. La seule technique permettant
de détecter une carence en vitamine K consiste à mesurer le temps
de coagulation de la prothrombine (PCT). Toute augmentation significative
de la valeur du PCT dénote un manque de vitamine K.
Antagonistes de la vitamine K
Les premières recherches menées sur la vitamine K furent inspirées
par la découverte des hémor- ragies survenant après que le bétail
ait été alimenté avec du foin contaminé par du trèfle. Celui-ci
contient un dérivé de la coumarine, responsable de lodeur caractéristique
du foin fraîchement coupé. On sait aujourdhui que ces dérivés
coumariniques agissent comme des antagonistes vis-à-vis de la
vitamine K. On en retrouve de grandes concentrations dans le trèfle
et lherbe printanière.
Il existe un risque réel pour que le cheval ainsi alimenté développe
des hémorragies sensibles à la vitamine K.
Cet effet antagoniste est largement exploité dans la mise au point
des produits utilisés contre les rongeurs. Cest le cas du warfarin
qui provoque la mort des animaux par des hémorragies internes
résultant dune production insuffisante de prothrombine liée à
laction de la vitamine K. Plusieurs composés sulfamidés comme
le sulphaquinoxaline agissent comme des antagonistes de la vitamine
K et de la synthèse de la prothrombine. Face à une telle situation,
les dérivés de la ménadione (vitamine K3) savèrent inefficaces.
La phylloquinone (vitamine K1) constitue le seul antidote actif
pour lutter contre un empoisonnement à base de coumarine.
Besoins et doses optimales
Le contrôle délicat du niveau de la vitamine K rend plus aléatoire
le choix des doses optimales. On pense que le cheval bénéficie
de suppléments en vitamine K. Le niveau optimal doit se situer
aux environs de 0,5 à 1 mg de vitamine K3 par kg de nourriture
mais linstabilité chimique du produit impose que lon accroisse
cette dose de manière substantielle. Comme les aliments contiennent
quelques fois des antagonistes de la vitamine K,
on proposera un facteur de correction supplémentaire sous la forme
dun apport de vitamine K1. Les jeunes chevaux, les étalons et
les poulinières ont davantage besoin de vitamine K.
Il faut sassurer que les chevaux performants disposent des quantités
de vitamine K nécessaires à une cicatrisation rapide.
Les recommandations sur le plan des compléments alimentaires savèrent
difficiles à formuler en raison de la grande variabilité des procédés
de fabrication. Les données reprises dans le tableau suivant tiennent
compte des pertes; toute vitamine K peut être utilisée sur base
du taux en ménadione.
Produits Teneur Menadione
MSB 52%
MSBC 33%
MPB 46%
Généralement, pour les chevaux de tout âge, on ajoute environ
1 mg de ménadione par kg de nourriture au moyen dun des produits
décrits ci-dessus ou avec un dérivé commercial stable.
Composition des ingrédients alimentaires
Plusieurs produits feuillus contiennent de grandes quantités de
vitamine K1; les chevaux en pâture disposent ainsi des doses habituelles
nécessaires.
Les produits animaliers, à lexception du foie et du jaune doeuf,
représentent des sources très pauvres en vitamine K. Les légumes
sechés ou traités, perdent leur activité en vitamine K; pour ces
raisons, on table sur des taux de vitamine K inférieurs à 1 mg/kg
pour la grande majorité des aliments.
Stabilité
Les vitamines K1, K2 et la ménadione résistent à la chaleur sèche
mais soxydent sous laction des alcalis, des acides forts, de
la lumière, de lirradiation et de lhumidité. Toutes les formes
synthétiques de vitamine K3 se dégradent lors de la confection
du complément alimentaire. La vapeur utilisée lors de la fabrication
des granulés savère particulièrement agressive. Il est bon de
prévoir 50% de vitamine K supplémentaire pour une production de
granulés par comparaison à un mélange classique.
Il apparaît que quelques formes chimiques de vitamine K3 résistent
mieux lors de la confection des granulés. Les résultats des recherches
restent toutefois contradictoires et un choix clair savère difficile.
Pour ces raisons, on recommandera de prévoir un excédent de ménadione
de 50% (sous la forme dun des analogues de la vitamine K3) par
rapport aux quantités recommandées.
Surveillance du cheptel
Toutes formes dhémorragies, même les plus limitées, quelles
concernent les intestins, les pertes de sang anales, la fragilité
des capillaires ou toute autre forme de saignement interne ou
externe peuvent être liées à un problème de carence en vitamine
K. Dans ce cas, il faut prévoir, pour le cheval, un traitement
qui peut aller jusquà 10 g de ménadione par tonne de nourriture.
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