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| Vitamine D |
Historique
La découverte de la vitamine D a suivi une évolution proche de
celle des autres composés vitaminés. Les propriétés curatives
des produits, où lon retrouve la vitamine D, étaient connues
bien avant lidentification de cette biomolécule. Au mileu du
18e siècle déjà, on connaissait laction de lhuile de foie de
morue et son efficacité dans le traitement du rachitisme. Ce nest
quau début de ce siècle que la forme active, enfin isolée, a
pu être caractérisée sur le plan analytique.
Deux molécules distinctes sont actives dans le traitement du rachitisme:
lergocalciférol (vitamine D2) dorigine végétale et le cholécalciférol
(vitamine D3) dorigine animale. Ces deux composés nexistent
pas nativement sous ces formes. Les plantes contiennent de lergostérol
et lanimal synthétise «in vivo» du 7 déhydrocholestérol qui,
absorbé, est ensuite converti en une forme active de vitamine
D par laction de la lumière U.V. sur la peau. Avant dexercer
pleinement son activité, deux modifications chimiques vont encore
intervenir. La première résulte dune hydroxylation au niveau
hépatique pour former le 25-hydroxydérivé; elle est suivie dune
seconde hydroxylation, cette fois sur la position 1, pour produire
le 1,25 dihydroxycholécalciférol [1,25 (OH)2 CC].
Le dérivé monohydroxylé présente une certaine activité mais le
produit dihydroxylé constitue en fait la véritable forme active
de la vitamine D. Comme ce composé est synthétisé au niveau des
organes de lanimal, une controverse existe sur le caractère vitaminique
ou hormonal du 1,25 dihydroxycholécalciférol.
Action de la vitamine D
La vitamine D2 et la vitamine D3 ont des activités comparables
chez le cheval. La fonction essentielle de ces deux vitamines
est de contrôler labsorption, le transport et la mise en dépôt
du calcium et dans une moindre mesure celui du phosphore.
Labsorption intestinale du calcium se produit en grande majorité
au niveau du duodénum. De nombreuses expériences confirment le
faible rendement de fixation du calcium en labsence de vitamine
D. Lactivité principale concerne la formation des dépôts et la
mobilisation du calcium des os. Ce cal- cium est transporté par
le plasma sanguin de lintestin où il est résorbé jusquaux os
et autres structures calcifiées en passant par le foie et les
reins.
Le plasma assure également le transfert inverse, des os vers les
reins, par lesquels une fraction du calcium est finalement excrétée.
La vitamine D contrôle les niveaux de calcium et de phosphore
dans le sang en les fixant à des taux de sursaturation pour favoriser
la formation des dépôts osseux. Tout abaissement des taux de calcium
et de phosphore provoque un relargage au départ des os. Il faut
souligner le rôle de la vitamine D dans le contrôle de la réabsorption
du phophore, du calcium et du sodium dans les tubules rénaux.
Carence en vitamine D
La déficience en vitamine D empêche labsorption du calcium par
les intestins. Ce déficit provoque le relarguage du calcium et
du phosphore stockés dans les os avec comme conséquence directe,
une fragilisation excessive de ceux-ci (os caoutchouteux) et le
déclenchement dune pathologie connue sous le terme de rachitisme.
Il serait malvenu dassocier chaque cas de rachitisme au seul
problème de carence en vitamine D. Une alimentation pauvre en
calcium et phosphore, une balance pondérale incorrecte entre ces
deux éléments peuvent également provoquer le rachitisme. Les os,
autres que ceux des jambes, peuvent aussi être affectés. On observe
parfois une distorsion du sternum et de la colonne vertébrale
avec dégradation rapide de létat de santé, perte dappétit et
de poids. Chez les animaux adultes, un faible niveau de vitamine
D provoque la perte du calcium des os, une pathologie connue sous
le nom dostéoporose.
Surdosage en vitamine D
Le problème du surdosage en vitamine D mérite une attention toute
particulière. Comme cette vitamine contrôle labsorption de calcium,
tout excès provoque une accumulation de cet élément dans le sang
(hypercalcémie). Le calcium excédentaire doit être éliminé avant
quil ne se dépose dans le coeur, les vaisseaux sanguins, les
articulations, le péricarde ou sur les parois de lintestin. Ces
effets pourraient provoquer des arrêts cardiaques, des raideurs
articulaires et dautres problèmes intestinaux majeurs.
Les quantités nécessaires à lapparition de ces effets secondaires
gênants varient avec lâge de lanimal. Pour ces raisons, il est
impératif déviter des taux trop élevés en vitamine D et de ne
pas dépasser dun facteur 10 les valeurs généralement recommandées
comme doses optimales tolérées.
Unités de quantification de la vitamine D
La vitamine D3 (cholécalciférol) est généralement considérée comme
le précurseur -- étalon. La posologie sexprime en unités internationales
identifiées USP (selon la pharmacopée américaine)
1 U.I. de vitamine D
= 0,025 m de cholécalciférol
1 mg de cholécalciférol
= 40.000 U.I. de vitamine D
Contrôle thérapeutique
de la vitamine D
Le contrôle des taux de vitamine D savère particulièrement difficile
chez le cheval. Les modifications liées à une situation dhypocalcémie
se détectent aisément par radiographie aux rayons X et par examen
histologique. On ne dispose guère de données de référence quant
aux taux sanguins ou tissulaires du cholécalciférol ou de ses
métabolites actifs.
Il faut disposer de technologies analytiques particulières pour
extraire, isoler et quantifier chacune des formes hydroxylées
du cholécalciférol. Ces techniques très lourdes ne conviennent
pas pour des contrôles routiniers et systématiques.
Pour cette raison, on connaît mal lidentité des tissus et organes,
où est stockée la vitamine D. On peut toutefois penser que ces
réserves ne doivent pas être importantes.
Relations avec les autres ingrédients
La relation calcium -- phosphore est connue. On sait que la balance
entre ces deux éléments est critique; on enregistre des valeurs
de rapport calcium/phosphore comprises entre 2:1 et 1:2.
Avec lâge, ce rapport évolue pour atteindre 1,4:1 à 1,5:1. Il
semble que le sodium, le potassium et le magnésium puissent également
exercer une certaine influence.
Dautres nutriments essentiels peuvent affecter la solidité des
os. On peut citer le zinc, le manganèse, la niacine, la choline
et la biotine.
Quelques mycotoxines peuvent interférer sur labsorption de la
vitamine D, la formation de ses métabolites actifs ou encore labsorption
du calcium. Dans ces conditions, le rachitisme et lostéoporose
peuvent survenir en dépit dun rapport calcium/phosphore correct
et dune alimentation équilibrée en vitamine D.
Besoins et doses optimales
Les quantités de vitamines D requises pour empêcher tout désordre
au niveau des os du cheval sont généralement très faibles.
Les poulains, en période de croissance, forment leur ossature.
Ils ont besoin, proportionnellement, de plus de vitamines que
leurs aînés. Les doses administrées pour favoriser la croissance
seront séléctionnées avec beaucoup de soin pour éviter tout risque
dhypervitaminose. On considère habituellement que les taux optima,
exprimés en unité internationale, doivent correspondre au dixième
de ceux de la vitamine A. Les données du tableau ci-après peuvent
servir de guide à cet égard.
| |
|
U.I./kg |
|
U.I./jour |
| Chevaux de haute performance en plein entraînement |
|
600
|
|
60000 |
| Chevaux de haute performance subissant un travail léger |
|
800 |
|
5000 |
| Poneys, chevaux de selle |
|
800 |
|
2500 |
| Poulinières et étalons |
|
1000 |
|
4000 |
| Jeunes chevaux 1-2 ans |
|
800 |
|
2500 |
| Foals et yearlings de moins d'un an |
|
1000 |
|
1000-3000 |
Stabilité de la vitamine D
Les deux formes de vitamine D sont sensibles à la lumière et inactivées
par oxydation. La présence d'ions métalliques lourds, comme le
cuivre, amplifie le processus de dégradation. L'humidité de l'air
provoque la destruction rapide de la vitamine D. Pour ces raisons,
on utilise des formulations galéniques protégées. Une matrice
de gélatine ou des méthodes à base de Sprayasseches s'avèrent
efficaces. Malgré ces précautions, on considère que 5% des vitamines
sont dégradées lors de la granulation et une quantité équivalente
durant chaque mois de conservation. Les mélanges des aliments
traditionnels et des concentrés vitaminés restent stables et ne
donnent lieu qu'à une faible perte de l'ordre de 2 à 5% par mois.
Les prémélanges de vitamines et de sels minéraux dont certains
s'avèrent agressifs peuvent perdre jusqu'à 10 à 20% de vitamines
depuis la fabrication jusqu'à l'administration prévue dans une
période de 4 semaines. On recommandera pour cette raison un surdosage
de 30% en vitamine D lors de la confection des granulés à usage
alimentaire.
Observation et surveillance du cheptel
Toute modification de la texture des os réclame une surveillance
appropriée et une révision soigneuse des taux en vitamine D. Simultanément,
les taux en calcium et phosphore et la mesure du rapport Ca/P
feront l'objet de contrôles. Il en sera de même pour la présence
éventuelle de mycotoxines. |
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