L'acide orotique

Historique


La découverte de l’acide orotique remonte à 1904; ce produit constitue l’un des éléments nutritionnels importants du petit lait. Son importance biologique n’a guère été relevée jusqu’aux années 1940 où il apparaît comme un précurseur des pyrimidines (uridine triphosphate et cytidine triphosphate) présentes dans de nombreux systèmes biologiques.
Fin des années 50, on lui attribue le rôle de promotteur de croissance pour des microorganismes comme les Lactobacilli streptococci et les Neurospora. Combiné à la méthionine, il stimule la croissance des jeunes veaux et des génisses; combiné à la lysine, l’acide orotique joue un rôle hépatoprotecteur chez les rats exposés à des agents toxiques.
On le retrouve dans le lait, les produits laitiers et les complexes contenant des microorganismes comme les levures.
La terre et les produits de la terre peuvent contenir de l’acide orotique, de l’orotidine ou des orotates (sels). On l’a aussi designé sous le terme de «facteur du petit lait», de «facteur galactosique animal» ou encore de vitamine B13.
Sur le plan structurel, l’acide orotique correspond à l’acide uracyl 4 carboxylique.
Ses esters méthyl. et éthyl. semblent exercer les mêmes effets bé- néfiques. L’orotidine, un dérivé glycosidé, est produit par différentes cultures de microorganismes.
Les sels de calcium, de zinc et de magnésium de l’acide orotique sont également actifs.

Rôle de l’acide orotique

Au moins trois des enzymes, impliqués dans le processus de synthèse de la pyrimidine, contiennent de l’acide orotique ou de l’orotidine. On les trouve principalement dans les tissus mammaires. Les pyrimidines peuvent aussi provenir directement de l’acide orotique et inversement. L’acide orotique accroît la vitesse et la capacité des voies métaboliques où sont impliqués des composés à base pyrimidique. La croissance en général mais aussi la croissance microbienne seraient facilitées par des apports en acide orotique.
Il se pourrait que l’ensemble des processus de biosynthèse soient également favorisés par ce composé.
La production d’acides gras volatils, associée à une fonction d’origine bactérienne, serait stimulée par l’acide orotique.
Cette vitamine et la vitamine B12 ont des effets similaires sur les biotransformations impliquant des groupes monocarbonés; l’acide orotique accroît la concentration en folate et influence les enzymes en agissant sur la synthèse et l’utilisation des intermédiaires folates.
La vitamine B13 favorise également l’augmentation du RNA hépatique par voie de RNA messager.
On l’utilise en médecine humaine pour inhiber ou réduire la synthèse hépatique du cholestérol.

Carence en acide orotique

On ne connaît aucun cas de déficience en acide orotique. En théorie, un taux faible inhiberait l’activité bactérienne. Les biosynthèses des protéines microbiennes et des vitamines du groupe B dans le caecum en seraient directement affectées. Le lait constitue la principale source d’acide orotique; les poulains alaités ne risquent pas d’en manquer. Les poulains, alimentés au moyen de poudres de substitution (non laitière et sans acide orotique) veraient leur croissance ra- lentie. Les performances des chevaux alimentés sans produits laitiers ou de compléments à base d’orotate pourraient rapidement baisser voire s’arrêter.
Ces manifestations seraient conditionnées par une carence générale en vitamines (folates, vitamine B12, vitamine C, thiamine, ...) et par une digestion et une absorption insuffisante. Ces effets n’ont jamais été observés chez les chevaux et autres animaux d’élevage, entretenus dans les conditions habituelles.

Surcharge en acide orotique

Les études, menées sur les rats et les patients humains, démontrent les effets négatifs observés à la suite d’une administration massive d’acide orotique.
Une forte dose du composé provoque un engorgement lipidique du foie et inhibe la biosynthèse hépatique de la vitamine.
Ce problème d’hypervitaminose n’a jamais pu être reproduit chez le cheval.

Mesure de l’acide orotique

L’acide orotique est separé du lait par dialyse; on le mesure par chromatographie gazeuse après purification. Une méthode plus simple consiste à le transformer en acide barbiturique et à mesurer l’intensité de la coloration du complexe qu’il forme, dans le n-propanol, avec la p-diméthylaminobenzaldéhyde.

Contrôle du niveau en acide orotique

On ne connaît rien des taux circulants ou tissulaires de l’acide orotique chez le cheval.

Biosynthèse

Les tissus mammaires sont les grands producteurs d’acide orotique, principalement au départ d’acide aspartique.
Une injection intramammaire d’acide aspartique marqué du 14C confirme la biosynthèse de l’acide orotique dans les cellules et son transfert dans le lait.
On ne retrouve que des traces de vitamine B13 dans les autres or-
ganes, comme le foie. On pense généralement que les plantes et bactéries ne produisent pas d’acide orotique.

Relations avec les autres ingrédients

L’activité de l’acide orotique s’intensifie lorsqu’il est combiné à un acide aminé. Les combinaisons à la méthionine et à la lysine sont efficaces. L’acide orotique exerce une action métabolique proche de celle de la vitamine B12 et de l’acide folique. Comme il contrôle les mécanismes de biotransformation mettant en jeu les enzymes de séparation du folate, toute réduction du taux d’acide orotique devrait s’accompagner d’une déficience en acide folique.

Besoins et doses optimales

L’acide orotique n’ayant pas été retenu comme composé alimentaire de base, aucun besoin spécifique n’est établi pour les chevaux. Les essais expérimentaux de croissance n’ayant pas été réalisés avec des doses progressives d’acide orotique, il s’avère difficile de recommander une quantité idéale sur ces bases.
En l’absence d’informations plus précises, on proposera une dose quotidienne en acide orotique de 1 mg/kg de poids corporel si l’on veut atteindre un résultat bénéfique. Des rations contenant ou ne contenant pas de produits laitiers, destinés à de jeunes foals, juste après le sevrage, devraient être suppléées de 400 mg d’acide orotique par kilo.

Contenus des ingrédients alimentaires

La plupart des recherches menées sur l’acide orotique concerne le lait et sa teneur en vitamine. Les méthodes analytiques utilisées n’ont probablement pas permis de séparer l’acide orotique des pyrimidines ce qui a conduit à des valeurs surévaluées. Le lait de jument contient de 0 à 2 mg d’acide orotique par litre.

Observation du cheptel

Un coup d’arrêt ou un ralentissement de la croissance des poulains, de même qu’un problème d’engorgement intestinal constituent des symptômes révélateurs d’un besoin complémentaire en acide orotique.

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