L'acide pangamique

Historique


En 1951, Krebs et ses collaborateurs isolent, au départ de graines, un nouveau composé doué d’une activité vitaminique. Ils désignent ce produit sous le nom d’acide pangamique (du grec pan qui veut dire universel et gamique après signifie graine) et lui attribue le code de vitamine B15.
En essayant de synthétiser l’acide pangamique, on obtient deux composés différents qui pourraient correspondre l’un et l’autre à la vitamine B15. La confusion totale s’installe parmi les chercheurs.
Les scientifiques des pays de l’est ne considèrent pas le même acide pangamique que leurs collègues d’Amérique. Les travaux menés en Russie sur l’acide pangamique n’ont rien à voir avec ceux entrepris en Amérique du Nord.
On s’accorde sur le fait que le produit isolé par Krebs en 1951 dérive d’un acide aminé secondaire de l’acide glucuronique. En 1980, Singh et collaborateurs identifient formellement la structure chimique de la vitamine de Krebs comme étant de l’acide d-gluconodiméthylaminoacétique (confirmations apportées par RMN, IR et les analyses élémentaires).
Depuis quelques années, la vitamine B15 est très recherchée dans les boutiques diététiques. De nombreuses études en matière de nutri- tion sont entreprises pour contrôler l’efficacité de ce produit chez l’homme et le cheval. On pense que l’acide pangamique accroît le niveau des performances physiques.
Il semble que l’on retrouve, sur les marchés occidentaux, 4 produits différents, sous l’étiquette d’acide pangamique:
1)des mélanges équimolaires de gluconate de sodium et de diméthylglycine
2)de la di-isopropylamine
3)un mélange à 57% de dichloroacétate de di-isopropylammonium avec 29% de gluconate de sodium et 14% de glycine
4)un extrait de graines qui contiendrait 20% de pangamate calcique.
Les dernières études montrent à l’évidence qu’aucune de ces formulations ne modifie de manière significative, la résistance musculaire du rat.
Toutefois, comme aucun de ces composés ne satisfait aux critères analytiques définis par Singh et collaborateurs, il est vraisemblable que ces préparations n’aient rien de commun avec l’acide pangamique actif sur le plan vitaminique tel que découvert à l’origine.

Rôle de l’acide pangamique

L’acide pangamique interviendrait sur le métabolisme lipidique et jouerait un rôle spécifique dans la prévention des dépôts de graisses excédentaires.
Il pourrait aussi affecter la synthèse et la mobilisation du cholestérol et des triglycérides. Cela lui conférerait un rôle préventif et de contrôle dans la problèmatique des graisses hépatiques et des maladies vasculaires. Comme il serait également impliqué dans le cycle énergétique, il pourrait favoriser un relargage continu d’énergie au moyen de l’activité musculaire. Ces effets sont correlés à la stimulation de la réaction de transméthylation et à la consommation en oxygène des tissus. En Russie et aux Indes, on relève le comportement tonique et l’accroissement de poids des animaux traités avec de la vitamine B15. Les tests de natation démontrent un accroissement significatif de la résistance à l’effort.

Carence en acide pangamique

Aucun effet négatif particulier n’a été identifié jusqu’ici. En raison du mode d’action de l’acide pangamique, il serait raisonnable de postuler une résistance musculaire limitée chez les chevaux recevant trop peu de vitamine B15. Ces animaux devraient présenter un métabolisme lipidique perturbé, conduisant à des dépots graisseux excessifs, dans les organes et les tissus vasculaires. Ceci pourrait s’avérer d’une importance extrême chez les chevaux traités avec des aliments riches en graisses.

Surcharge en acide pangamique

Les études de toxicité chronique à 6 mois, chez le rat, n’ont révélé aucun effet tangible.

Biosynthèse

Alors que l’on trouve l’acide pangamique dans les graines, la levure de bière et d’autres produits analogues, riches en vitamines du groupe B, la voie de biosynthèse n’est pas démontrée. Par analogie aux levures, on pourrait postuler que la vitamine B15 soit également produite par voie microbienne. Cette hypothèse n’a pas été contrôlée.

Mesure de l’acide pangamique

Les méthodes actuelles de mesure de l’acide pangamique, dans la nourriture et les tissus, font intervenir trois étapes: une extraction minutieuse, une purification et une mesure analytique physio-chimique.
En pratique, on extrait les vitamines du groupe B. On isole ensuite la B15 par chromatographie couche mince sur plaques de silicagel (Kieselgel-G) avant de la mesurer.

Besoins et doses optimales

Les travaux réalisés jusqu’ici s’avèrent inexploitables en raison de la nature très différente des produits testés. Un complément alimentaire de 50 mg/kg de nourriture serait proposé au cas où l’on disposerait de sources garanties en vitamine B15.

Observation du cheptel

Les animaux obèses (organes et tissus vasculaires) pourraient bénéficier d’un traitement de vitamine B15. Les chevaux confrontés à une surcharge de travail devraient aussi bénéficier d’un apport en acide pangamique pour accroître leurs forces, leur endurance et réduire l’impact des problèmes liés au stress. Il faut être attentif à fournir des suppléments en véritable vitamine B15 et non en ses homologues inactifs.

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