La choline

Historique


Les scientifiques sont d’avis qu’il faut considérer la choline comme une substance nutritionnelle et non comme une vitamine.
Il existe des différences notoires entre la fonction de la choline et celle des autres vitamines.
1)Les vitamines agissent comme des catalyseurs ou des coenzymes dans bon nombre de processus métaboliques alors que la choline est un constituant structurel cellulaire.
2)La choline est biosynthétisée dans le foie pour autant qu’il y ait un apport suffisant de méthionine; les vitamines (à l’exception peut être de la vitamine D) ne sont pas synthétisées par les espèces animales.
3)Le besoin en choline est nettement supérieur à celui des autres vitamines. Il s’exprime en g/kg de nourriture et non en mg voire en mg/kg comme pour les autres vitamines.
La choline est une base organique forte, abondamment distribuée dans la nature. Comme constituant cellulaire, elle est fortement conjuguée, partiellement di- gérée et peu résorbée. Les bactéries intestinales inactivent une quantité importante de choline en triméthylamine.
Quelques rapports d’origine européenne font référence à la choline sous le code de vitamine B4 et parfois B7.

Rôle de la choline

La choline joue un rôle essentiel dans l’élaboration et le fonctionnement cellulaire. Elle entre dans la composition des lécithines, une famille particulière de lipides dans lesquels une des trois molécules d’acides gras est remplacée par une molécule de choline. Celle-ci est rattachée à la partie glycérol de la biomolécule par un lien à base d’acide phosphorique.
Les deux molécules intactes d’acides gras varient selon la disponibilité des autres acides gras corporels ou de ceux apportés par les aliments.
On dispose ainsi d’un éventail très large de lécithines dépendant des inclusions en acides gras. Ces lécithines qui se retrouvent un peu partout dans les cellules biologiques des plantes et des animaux jouent un rôle fondamental au plan de l’activité et du fonctionnement cellulaire.
La choline intervient directement dans les mécanismes de biotransformation des graisses hépatiques. Elle en prévient l’accumulation en convertissant l’excès en lécithine ou en accroissant leur mobilisation vers le foie.
La choline est aussi un constituant de l’acétylcholine et, à ce titre, elle intervient dans la transmission des impulsions nerveuses.
C’est aussi un donnateur de groupe méthyl. Elle fournit, avec la bétaïne et la méthionine, les groupes méthyl mobilisés par l’acide folique ou la vitamine B12 durant la phase de transméthylation. Ces trois composés interviennent à tour de rôle dans cette fonction spécifique.
Comme il ne s’agit que d’une des fonctions de la choline, un supplément alimentaire peut trouver sa justification dans la mesure où les deux autres produits ne peuvent utilement remplacer la choline dans ses autres missions.

Carence en choline

On n’a pas rapporté de déficience marquée en choline chez le cheval mais bien chez d’autres animaux (élevage, animaux familiers ou de laboratoire). Comme pour la plupart des ingrédients, la première indication de carence en choline concerne le ralentissement de la croissance. Dans les cas plus sévères, on observe une surcharge des graisses hépatiques, une faiblesse des membres inférieurs et parfois une hémorragie rénale.

Surdosage en choline

On ne trouve aucune manifestation toxique liée à la choline. Une grande quantité du composé se détruit au cours de la digestion et les excédents non absorbés se voient rejetés dans les fèces. Des teneurs alimentaires en choline, supérieures à 2 g/kg de nourriture, peuvent à la rigueur provoquer un ralentissement de la croissance chez les poulains.

Biosynthèse

La microflore du caecum synthétise la choline pour satisfaire les besoins en lécithine et assurer la formation des cellules. Celles-ci finissent par mourir et s’éliminer par l’intestin. Il ne devrait y avoir aucun bénéfice substantiel pour les chevaux car la digestion et l’absorption au-delà du caecum sont généralement insignifiantes.

Mesure de la choline

La difficulté majeure de la mesure des taux en choline des aliments réside dans sa fixation aux acides gras de la lécithine. Comme on n’arrive pas à séparer ces divers composés, la mesure quantitative de la choline s’avère des plus délicate.
Pour contourner cette difficulté, on utilise une méthode micro-biologique à base de Neurospora crassa.
La quantité de choline présente dans la nourriture s’exprime en mg ou g/kg.

Contrôle du niveau de choline

La nature quasi universelle de la choline empêche tout contrôle précis de son niveau. On peut glaner l’une ou l’autre information sur base des mesures plasmatiques de choline mais, le plus souvent, ces valeurs se révèlent très variables et dépourvues de signification.

Relations avec les autres ingrédients

Le besoin en choline varie en fonction des taux des différents fournisseurs de groupements méthyl présents dans la ration alimentaire: la méthionine, la bétaïne et bien d’autres. Pour la même raison, on peut attendre une relation directe entre la choline (pourvoyeur de groupes CH3) et les vitamines responsables de la transméthylation.
Les graisses contiennent de la lécithine; il en résulte une interaction avec les produits gras associés à la choline des aliments. La choline est d’autant plus nécessaire que l’animal s’engraisse.
La choline exerce aussi une action physique sur les produits avec lesquels elle est mélangée. La choline pure et le chlorure de choline, son sel le plus souvent utilisé, sont très hygroscopiques.
Cet attrait pour l’eau est tel que les autres produits hydrolysables, comme les vitamines A, D et la thiamine, se dégradent. Pour cette raison, on préférera ajouter séparément le chlorure de choline aux aliments et apporter les autres éléments vitaminés par après.

Besoins et doses optimales

Le besoin optimal en choline est, pour le cheval, particulièrement difficile à évaluer sans informations précises sur les taux des principaux éléments fournisseurs de groupements méthyl comme la méthionine et la bétaïne. Les estimations les plus fiables s’établissent en utilisant un apport alimentaire abondant en méthionine et vitamine B12.
Des taux élevés en graisses impliquent des besoins plus importants en choline. On sait qu’une grande partie de celle-ci sera dégradée en triméthylamine et excrétée. La conjugaison diminuera la biodisponibilité d’une autre fraction importante de choline. On ajoutera, pour être complet, que les résultats des expérimentations menées après administration de choline pure ou de son chlorure ne sont pas comparables à ceux enregistrés à la suite d’une prise de dose identique, ajoutée aux aliments.
Toute recommandation doit être formulée en précisant la méthode de calculs et les conditions séléctionnées. En l’absence d’informations, on propose une dose minimale conservatrice de choline, équivalente à 1 g/kg de nourriture sèche, préparée avec des quantités appropiées de méthionine et de vitamine B12. La plupart des ingrédients alimentaires contiennent des quantités de choline suffisantes mais on n’en connaît pas la véritable biodisponibilité. Pour tenir compte de ce facteur, on prévoit une surcharge de 25 à 50% par rapport aux besoins normaux. On recommandera les suppléments alimentaires suivants:

Choline 100% Choline Chloride 50% Choline Chloride 50% (mg/jour)
(mg/kg)
g/jour
Chevaux de haute performance en plein entraînement
80
184 1840
Chevaux de haute performance subissant un travail léger 100 230 1380
Poneys, chevaux de selle 80 184 920
Poulinières et étalons 100 230 1115
Jeunes chevaux 1-2 ans 100 230 920
Foals et yearlings de moins d'un an 150 345 345-1035

Stabilité

La choline biologique, fixée à la lécithine cellulaire, est très stable. Sa forme cristalline synthétique est déliquescente et se présente comme un liquide visqueux. Le chlorure de choline, hygroscopique mais moins basique, se manipule plus aisément.
On peut l’acquérir sous forme d’un produit liquide (70%) ou adsorbé sur un support de silicagel à raison de 50% (ce qui correspond à 43% de choline base).
Ce matériau moins hygroscopique reste agressif vis-à-vis des autres complexes vitaminiques. Sa stabilité s’améliore lorsqu’on le mélange aux aliments. Une partie de la choline s’hydrolyse en triméthylamine lors de la granulation ou lors de l’extrusion en dégageant une odeur typique et désagréable.

Observation du cheptel

En cas de performances insuffisantes, on peut prévoir une augmentation de la dose de toutes les vitamines, en ce, y compris, la choline et observer les effets bénéfiques.
On ne peut prédire si une dose supplémentaire s’avérera bénéfique bien que la faiblesse des membres se traite aussi par un accroissement de la dose de choline.
Une surcharge hépatique en graisses, bien diagnostiquée, ou une hémorragie rénale peu aussi être traitée avec succès par un accroissement de la dose en choline.

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