Acide ascorbique-Vitamine C

Historique


Depuis plusieurs siècles, les marins savaient comment se prémunir du scorbut en suçant du citron. La substance responsable de cette action fut identifiée et baptisée acide ascorbique au début des années 30. Il s’agit d’un produit chimique simple, semblable aux sucres comme le glucose, avec une chaîne à 6 atomes de carbone. La plupart des espèces animales, dont les chevaux, peuvent en fabriquer, au niveau des reins, au départ du glucose ou de certaines autres substances contenant des chaînes à 6 atomes de carbone.
Quelques mammifères et oiseaux, l’homme et le cobaye, ne disposent pas de la L gulonolactone oxydoréductase qui catalyse la dernière étape de la biosynthèse de la vitamine C. Pour ces espèces, l’acide ascorbique ne peut venir que d’apports exogènes.

Rôle de la vitamine C

L’acide ascorbique intervient dans les principales réactions d’oxydo-réduction du métabolisme cellulaire. Elle joue un rôle capital dans la formation et l’entretien des substances intracellulaires, agissant sur les tissus du squelette. Elle exerce aussi une action stimulante sur les mécanismes immunitaires de défense. Les résultats d’études récentes indiquent que la vitamine C assure une mission importante de transport des ions fer du plasma vers les sites de stockage.

Carence en vitamine C

Les animaux qui dépendent d’un apport exogène d’acide ascorbique, développent le scorbut en cas de carence sévère. Cette maladie se manifeste par des gonflements et des saignements des gencives. Il s’accompagne d’un état de faiblesse extrême et de douleurs osseuses.
Les chevaux, en mesure de biosynthétiser la vitamine C, peuvent néanmoins subir les effets d’une déficience en acide ascorbique. Auparavant, on donnait des compléments de vitamine C aux poulinières et aux étalons de reproduction mais les recherches récentes ne semblent pas devoir confirmer le bien fondé de cette attitude. Des compléments en vitamine C sont cependant recommandés pour les très jeunes foals qui ont besoin de quelques jours pour démarrer leur production endogène ainsi que pour les chevaux plus âgés dont la biosynthèse décroît sous l’action de divers facteurs comme la chaleur, le froid, les infections, les parasites , la promiscuité, une ventilation insuffisante, les bruits inusités, la peur, l’excitation ou même la surcharge de travail (entraînement/compétition).
Une production insuffisante d’acide ascorbique provoque un ralentissement de croissance et l’apparition d’autres symptômes moins tangibles.

Surdosage en vitamine C

De grandes quantités de vitamine C pourraient favoriser l’apparition de pierres dans les reins mais cet effet n’a jamais été rapporté chez le cheval. Comme la vitamine est très hydrosoluble, tout excès s’élimine directement par voie rénale.

Mesure de la vitamine C

On exprime les données de vitamine C en unité pondérale d’acide-l-ascorbique. A l’occasion, on parle d’unité internationale correspondant à 50 mg d’acide l-ascorbique.
Les atomes de carbone 2 et 3 de la chaîne carbonée s’oxydent facilement pour former l’acide déhydroascorbique qui présente une activité vitaminique similaire à celle de l’acide ascorbique. L’activité de l’ascorbate de sodium équivaut à 89% de la forme acide.
L’acide erythorbique (aussi appelé acide-d-ascorbique car il correspond à l’autre isomère optique de la vitamine C) ne possède que 5% de l’activité vitaminique de la forme lévogyre.

Contrôle du niveau de la vitamine C

Le taux plasmatique de la vitamine C ne reflète pas le contenu corporel sauf en cas de carence sévère. Le niveau de saturation en acide ascorbique avoisine les 18 à 20 mg/ml. La mesure des taux rénaux reflète une production récente car le transfert de la vitamine C vers les autres organes dont le foie se fait très rapidement.
Les concentrations surrénaliennes, hépatiques, musculaires et duodénales apparaissent comme de meilleurs indicateurs de la teneur en vitamine C totale.

Besoins et doses optimales

Les très jeunes poulains produisent trop peu de vitamine C; ils bénéficieront directement d’un supplément. Le lait des juments contient les quantités nécessaires d’acide ascorbique mais les poulains, alimentés par voie artificielle, auront besoin de 200 mg d’acide ascorbique par kg de nourriture sèche (2 mg d’acide ascorbique par ml de lait ou de substitut laitier) pour un développement harmonieux.
Les chevaux performants, en période active, ont aussi un grand besoin de vitamine C; toutefois la resorption intestinale est très faible. Il faut prévoir un supplément de 20 g/jour de vitamine C pour atteindre les taux résorbés nécessaires au développement d’une action optimale chez un cheval actif.
Les taux plasmatiques d’acide ascorbique baissent si les conditions d’habitat deviennent moins favorables. Il existe une relation directe et démontrée entre la consommation d’énérgie et le niveau sérique de la vitamine. Les chevaux peuvent aussi requérir un complément de vitamine C pour compenser une perte de production endogène, comme celle observée en périodes de conditions climatiques défavorables. Des taux de 150 à 250 mg/kg de nourriture s’avèrent la plupart du temps suffisants. Lorsque les besoins en énérgie diminuent, il faut prévoir des suppléments de 150 à 300 mg de vitamine C par kg de nourriture.
Les chevaux énervés, stressés par l’entraînement et la compétition, peuvent souffrir d’un arrêt de la biosynthèse de l’acide ascorbique. Pour ces animaux, on propose un supplément journalier de 20 g de vitamine C qui remplace la production endogène, favorise la résistance aux infections et améliore le niveau moyen des performances et d’endurance.
La quantité d’acide ascorbique ajoutée aux aliments devra compenser les pertes anticipées, provenant de la préparation et du stockage de la nourriture. On prévoit une surcharge d’un facteur 5 pour la granulation et l’extrusion ainsi que d’un facteur additif de 50% pour la confection des mélanges.
L’emploi d’ascorbyl-2-phosphate comme source de vitamine C ne requiert aucune surcharge de dose.
Les recommandations suivantes conviennent dans la grande majorité des cas.

Suppléments en acide ascorbique
Color Aliments mg/kg g/jour
Chevaux de haute performance en plein entraînement
150
1,5
Chevaux de haute performance subissant un travail léger - -
Poneys, chevaux de selle - -
Poulinières et étalons 150 0,6
Jeunes chevaux 1-2 ans - -
Foals et yearlings de moins d'un an 200 0,2-0,6

Contenu en vitamine des ingrédients alimentaires

L’acide ascorbique n’est présent que dans les légumes et les fruits frais. On peut conclure que les ingrédients, entrant dans la composition et la préparation des compléments alimentaires pour chevaux, ne contiennent aucune quantité mesurable d’acide ascorbique.

Stabilité

L’acide ascorbique cristallisé est stable à l’air sec. En présence d’air légèrement humide, la vitamine s’oxyde rapidement en acide déhydro-ascorbique et se dégrade ensuite en composés inactifs. L’oxydation irréversible est accélérée par les alcalis et la présence d’ions métalliques (cuivre).
Les pertes oxydatives se manifestent à raison de 10 à 30% lors de la confection des mélanges d’aliments secs. Les pertes occasionnées lors de la fabrication des granulés dépendent de la quantité de vapeur d’eau utilisée et de la température. On les évalue de 85 à 90% de l’acide ascorbique ajouté. Les pertes en vitamine C sont moins importantes si l’acide ascorbique est enrobé par de l’éthylcellulose.
Les aliments extrudés perdent leur contenu en vitamine C dans des proportions similaires à celles observées dans la fabrication des granulés. Les sels ascorbyls comme l’ascorbyl-2-phosphate résistent nettement mieux. L’acide ascorbique se dégrade aussi durant la phase de stockage. La perte varie suivant la température et le degré d’humidité mais on l’évalue à environ 10% par mois.

Observation du cheptel

Les parasites et les maladies infectieuses affectent les niveaux plasmatiques de vitamine C. On prévoira donc des doses compensatoires pour restaurer les taux sanguins initiaux.
Un pur sang léthargique, mais néammoins en bonne condition, bénéficiera d’une dose de 20 g de vitamine C.
Des écuries mal adaptées, exposées à tous les vents, provoquent une réduction sensible des taux sériques qui nécessiterait un réajustement vitaminique, surtout en hiver.
Il n’existe pas d’état clinique connu chez le cheval qui requiert un supplément d’acide ascorbique.

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